L’agriculture occupe environ 80% de la population du Cameroun. Les caractéristiques techniques de cette agriculture restent encore traditionnelles malgré les efforts fournis par le gouvernement et les structures d’appui. Les méthodes culturales rudimentaires et la non professionnalisation des ruraux sont autant de facteurs qui maintiennent les paysans à un niveau de vie très bas. Ils éprouvent beaucoup de difficultés de vivre de leurs activités.
Quant à la zone du projet, l’arachide constitue une des cultures de rente sur laquelle les producteurs fondent leurs espoirs. Sa culture est ancienne dans ces localités. Jadis cultivée sur des surfaces très réduites, dans les « champs de case », le développement de l’arachide résulte des initiatives prises par l’administration française pour obtenir une production commercialisable afin de favoriser les échanges monétaires.
Au démarrage de la culture cotonnière au Nord – Cameroun, l’arachide est apparue comme la plante la mieux adaptée aux conditions édaphiques et climatiques de la région des Monts Mandara pour permettre une orientation commerciale. Une spécialisation géographique s’instaure et la production de l’arachide se développe dans l’Extrême- Nord, spécifiquement dans la région des Monts Mandara au point qu’elle s’identifie aujourd’hui à celle-ci.
En dépit de la vaste extension de cette culture, cette région apparaît comme l’une des zones de forte production dans l’Extrême- Nord. L’étendue de la culture d’arachide sur le territoire national traduit à souhait sa forte consommation au Cameroun et même dans la sous région Afrique Centrale.
Malgré ces deux atouts, les producteurs des Monts Mandara ne maîtrisent pas les circuits de commercialisation et de plus, ils font face aux multiples tracasseries policières dans l’écoulement de leur production. Cette situation donne libre cours aux intermédiaires qui gagnent sur leur dos.
COPRES-SA, avec l’appui de Broederlijk Delen à Bruxelles, entrevoit consolider la filière arachide dans la zone des Monts Mandara où cette spéculation est l’une des principales sources de revenus des populations, qui pourtant éprouvent d’énormes difficultés pour arriver à contrôler tous les maillons de la filière. C’est dans cette optique que COPRES-SA et Broederlijk Delen conjuguent les efforts dans le souci de favoriser l’amélioration de la production et de susciter un regroupement des producteurs/trices des Monts Mandara.
Les activités ont beaucoup portées sur l’organisation des producteurs/trices, la structuration des groupes, le renforcement de leurs capacités dans le domaine de la production, la gestion et la commercialisation des produits agricoles.
Un accent a été aussi mis sur la collaboration avec d’autres structures intervenant dans la filière arachide ; c’est en l’occurrence l’Institut de Recherches Agronomiques pour le Développement (IRAD), les grossistes, les services décentralisés de l’Etat et les Autorités administratives, traditionnelles et communales.
Pour véritablement engager les producteurs/trices dans le processus de contrôle de tous les maillons de la filière, il fallait lancer les bases du cadre de concertation. A cet effet, des actions de partenariat et de renforcement organisationnel ont été menées au cours de cette période.
C’est ainsi que les producteurs/trices ont été fortement sensibilisés sur l’utilité, le fondement et le fonctionnement d’un cadre de concertation. Les producteurs/trices d’arachide ont été animés et formés sur la tenue des réunions et des Assemblées Générales, la participation aux réunions et l’adhésion au processus et ses principes. La mise sur pied des Comités de Vente (COVE) et l’élaboration des Règlements Intérieurs de gestion, précédées de la sensibilisation des bénéficiaires sur le choix des véritables leaders a fait objet de multiples séances avec les producteurs/trices.
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